Mon no man's land personnel
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22/04/2003
Le commerce équitable : l’utopie réalisable
L’économie reprend un visage humain qu’elle n’aurait jamais dû quitter.
Une partie du monde s’est élevé contre la politique de certains gouvernements, et celle de certaines multinationales. Ce mouvement anti-mondialisation a permis de créer un contre pouvoir dans les rues. Mais suite à cette mobilisation de nombreuses questions ce sont posées, parmi elle : comment concevoir un monde économique sain et juste ?
La réponse semblait toute trouvée. Un modèle de commerce existant depuis la fin des années 50, et qui permet plus de justice et d’équité dans les échanges internationaux devait devenir le standard économique du monde souhaitant une autre manière de consommer.
Grâce a cet élan mondial qui proteste contre les injustices de la globalisation, le commerce équitable peut devenir un modèle réalisable. Mais quelle philosophie nourrit cet idéal ?
« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine », article 2 de la déclaration des droits de l homme. »
Dans le monde moderne l’équité entre les peuples est une utopie, c’est ainsi que malgré le fait que le volume du commerce mondial est aujourd'hui 14 fois supérieur à ce qu'il était en 1950, l’évolution de l’écart Nord/Sud est chaque année plus grand. En effet en 1980, les 1,3 milliards d'habitants des pays pauvres étaient 22 fois moins riches que la population américaine. Aujourd'hui, ils le sont 86 fois moins.
Pour enrayer cet écart grandissant, il est nécessaire de poser les bases de ce que sera l’économie du future. En effet certains pensent qu elle devra :
- assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés, leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires : santé, éducation, logement, protection sociale
- garantir le respect des droits fondamentaux des personnes (refus de l'exploitation des enfants, de l'esclavage...)
- instaurer des relations durables entre partenaires économiques
- favoriser la préservation de l'environnement
- proposer aux consommateurs des produits de qualité
La théorie est très belle, mais qu’en est il de la pratique ?
En octobre 2002 32% des français avait entendu parlé du commerce équitable. Ce chiffre est encourageant et permet d’envisager l’avenir du commerce équitable avec enthousiasme.
Actuellement Le commerce équitable se concentre sur quelques produits principaux : café, thé, riz, sucre, bananes, chocolat et cacao, miel, jus de fruits, et fruits frais.
Le café reste l’exemple le plus significatif du commerce équitable. En effet selon les chiffres de Max Havel Aar (association assistant le commerce équitable dans le monde entier), vous pouvez vous faire une idée précise de comment l’argent est repartis avec le systeme traditionnel, et avec le systeme équitable.
Aujourd’hui le commerce équitable est à un croisement crucial de son histoire. Il faut désormais que les politiques économiques des gouvernements prennent en compte les produits exportés par les pays du Sud. Cette prise de conscience couplée avec une volonté marquée des firmes multinationales a donner une importance majeure dans leur vision stratégique aux responsabilités sociales quelles possèdes envers les consommateurs, peut amener un développement durable d’une économie juste.
Franck VITTI
franckvitti@yahoo.fr
13:41
15/04/2003
Cuba : Quand le tourisme fait oublier la politique
Bronzer au soleil mais « résister » à l’ombre
Toute bonne agence de voyage propose dans ces « coups de cœur » un voyage à Cuba. Pour environ 800€, vous pourrez découvrir les trésors que recèlent cette ce joyau des caraïbes.
Evidemment les agences ne précises pas que ce séjour correspond à 7 ans de salaire d’un travailleur cubain, mais elles insisteront sur l’extraordinaire cachet de L'hostal MESON DE LA FLOTTA 3 étoiles situé au milieu de la vieille Havane. On ne peut rêver plus belle situation, Cette belle maison coloniale donne sur la rue de Mercades. Entièrement rénovée, elle a conservé son cachet d'origine.
Pas un mot non plus sur le « cachet » des autres quartiers où les énormes canalisations d’égout abandonnées depuis des lustres sur les trottoirs continuent d’écouler les eaux usées. Ou sur les fils électriques en pelote, suspendus aux pylônes des balcons en voie d’effondrement, les cours envahies par la végétation, les façades éventrées et les transformateurs rouillés.
Il ne faut pas s’inquiéter de toute façon à Cuba, tout est prévu pour le touriste. On lui parlera du peuple cubain qui s'est forgé une réputation en entretenant sa joie de vivre et son sens de la fête. De cette population très hospitalière, qui aime faire découvrir les particularités de sa culture et faire partager ses coutumes aux visiteurs qu'elle accueille.
Est il besoin de préciser que les mesures drastiques imposées au peuple cubain réduisent cette hospitalité aux services sexuels d’une jeunesse cubaine sans illusion ?
Les photos de la brochure laisse imaginer la quiétude et le calme de la vie à Cuba, vous pourrez prendre le temps de vous prélasser à la terrasse d’un bar pour touriste en sirotant quelques « mojitos » et en écoutant les ballades des chanteurs de rues.
Vous n aurez pas l’occasion de voir, les gens qui font la queue en portant d’énormes jerrycans parce qu il n’y a pas d’eau courante dans leur quartier, ou les 17% de la population active qui sont au chômage.
Vous n’entendrez pas les protestations politiques de Raul Rivero, condamné il y a quelques jours à 20 ans de prison pour « collaboration avec une puissance étrangère en vue de déstabiliser le gouvernement », ou des centaines d opposants politiques emprisonnés par le régime au pouvoir.
Cuba est bien la destination de rêve par excellence. Quelque soit votre profil, vous trouverez votre compte a Cuba.
Passionné de farniente et de soleil, vous verrez les plages de sables fins, les cocotiers, les langoustes grillées, et vous pourrez plonger dans la mer tiède des tropiques.
Soixante-huitard sur le retour désirant retrouver l’esprit révolutionnaire passé, vous pourrez rêver devant la statue du « Che » même si son âme a abandonné depuis des décennies les dirigeants de l’île.
Quand aux trésors de l’île, vous pourrez chercher du coté du « Lider maximo ». En effet la fortune de Fidel Castro est estimée à 1,4 milliard de dollars (source Forbes).
Pour que vous partiez l’âme en paix, les agences de voyage ne vous diront pas que Cuba est une des dernières dictature communiste, que son chef d’état est en place depuis 44 ans, sans qu’à aucune élection il n’y ai eu d’opposants.
Peut être entendrez vous quand même le cri de la rue : « CUBA si, FIDEL no »
Franck VITTI
franckvitti@yahoo.fr
17:48
Irak : l’argent de la guerre
Saddam Hussein : un simple prétexte ?
« Dans la guerre moderne, le vainqueur est celui qui consent à jeter l'argent par les fenêtres. » C’est ce que disait il y a un siècle Lao She , un romancier chinois, aujourd’hui les choses ont-elles vraiment évoluées ?
Jeudi dernier a Washington, une enveloppe de 80 milliards de dollars a été accordée à l’administration Bush. Sur cette somme, près de 63 milliards seront exclusivement alloué à la guerre, alors que le reste se repartis afin de récompenser certains alliés de Washington, soutenir la lutte contre le terrorisme et aider les compagnies aériennes en difficulté.
Cette aide adoptée à une écrasante majorité, dans un contexte où l’opinion publique suit majoritairement la politique de son président, n’est peut être que la première d’une longue série.
En effet selon l'organisation Taxpayers for Common Sense la guerre en Irak mais aussi l'occupation et la reconstruction du pays pourrait atteindre 550 milliards de dollars sur 10 ans.
Mais alors pourquoi tant d’argent ?
Les arguments de Georges W Bush pour justifier cette somme semblent satisfaisants. En effet selon le président Américain l’argent de la guerre est nécessaire pour changer de régime en Irak, et ainsi « libérer » le peuple irakien en leur permettant d’administrer eux même leurs ressources.
«W» Bush n’oublie pas la sécurité intérieure de son pays, en soulignant que les sommes investis dans la guerre, permettront aux Etats-Unis de faire l’économie d’une catastrophe comme le 11 septembre, qui leur coûta plusieurs centaines de milliards de dollars.
Pour comprendre l’ensemble des données manipulées par le gouvernement Américain, il est nécessaire de noter qu’en même temps que la rallonge budgétaire voté jeudi dernier la Chambre des représentants y a ajouté un amendement. Celui-ci vise à empêcher qu'une partie des fonds débloqués pour la reconstruction de l'Irak ne revienne à des entreprises de France, d'Allemagne, de Russie ou de Syrie, les parlementaires considérant que ces pays ne devraient pas obtenir des contrats consécutifs à une guerre à laquelle ils se sont opposés.
Même si cet amendement a peu de chance de se retrouver dans le projet final, il est facile de l’associer avec une déclaration du Pentagone qui, avant même le premier coup de canon, octroyait à une poignée d’entreprises américaines le monopole de la reconstruction. Avec comme bénéficiaire d’une première adjudication de 1,5milliard de dollars, Halliburton, entreprise dirigé par le vice président américain Dick Cheney.
A travers cet exemple, c’est la philanthropie du gouvernement Americain qui peut être mis en cause. Et quand le politologue William Hartung démontre qu’idéologues unilatéralistes, anciens patrons et consultants des grands contractants de la Défense constituent bien «les forces motrices de la diplomatie et de la stratégie militaire de l’Amérique», il est de plus en plus difficile de penser que la guerre en Irak est comme unique but de faire chuter une dictature.
La question qu’il faut réellement posée aux chefs de la coalition qui mènent avec tant d’entrain cette guerre contre « l’axe du mal », est de savoir si ils désirent prendre rendez-vous avec l’histoire et faire en sorte que d’ici quelques mois les Irakiens pourront vivre décemment.
Actuellement près de 80% de la population irakienne vit avec ½ dollars par jour, ce qui semble contradictoire avec les richesses enfouies dans leur sol.
La victoire ne pourra être réellement justifié que lorsque ce peuple vivra en paix, politiquement et économiquement et que l’idée de voir ce pays s’autodéterminer, ne sera plus une utopie mais bien une réalité…
Franck VITTI
franckvitti@yahoo.fr
17:46
Tchétchénie la guerre secrète
Le problème Tchétchène enfin résolu ?
Les bombes tombent sur Bagdad. Nous sommes informés 24h/24 par des centaines de journalistes qui sont au cœur de l’action, cette guerre restera comme la guerre des media.
Dans le même temps dans le Caucase un petit peuple musulman subit une répression féroce depuis plusieurs années, dans l’indifférence générale. Aucun journaliste dans Grozny ravagé par des années de bombardement, aucun flash spécial annonçant la mort de tchétchènes, et aucun inspecteur de l’ONU pour être témoin des crimes perpétrés par l’administration russe en Tchétchénie.
La guerre en Tchétchénie dure depuis dix ans avec une brève interruption de 1996 à 1999. Elle a fait plus de 200 000 morts et plus de 150 000 réfugiés. 35 000 soldats russes occupent toujours cette petite République dont la population ne dépasse pas actuellement 500 000 personnes. Désormais il semble que cette guerre est pris une autre tournure, une guerre fait d’oppression, d’occupation, d’enlèvement, de meurtre et d’exaction.
Dans ce pays délabré, ou règne un climat de terreur permanent, un referendum vient d être organisé. Le but de celui-ci est pour les tchétchènes de se doter d’une nouvelle « Constitution ». Le projet proposé par l’administration russe efface totalement la précédente constitution élue démocratiquement par la population tchétchène et représenté par le président nationaliste Aslan Maskhadov.
Il y a quelques jours, en pleine guerre en Irak, comme une parenthèse de l’Histoire, on cite dans les journaux le président Poutine déclarant « Nous avons clos le dernier problème sérieux lié à l'intégrité territoriale de la Russie». Selon les chiffres officiels, 96 % des votants ont approuvé le projet de Constitution, alors que 95 % et 96 % ont approuvé respectivement la loi sur une élection présidentielle et celle sur les législatives locales. La participation aurait atteint 85%, des chiffres plus que flatteurs pour le régime pro russe instauré en Tchétchénie.
Ce règlement politique du conflit concocté par le Kremlin dupera ceux qui le veulent bien, en attendant le Conseil de l’Europe a refusé d'envoyer des observateurs en Tchétchénie pour ne pas cautionner une consultation qui, dans les conditions de l'état de guerre, ne peut être qu'une farce.
L’avenir nous dira si la Tchétchénie vivra bientôt en paix, mais les récents événements laissent que bien peu d’espoirs…
Franck VITTI
franckvitti@yahoo.fr
17:29
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